mardi 16 février 2010

Octave


Les surprises ne sont pas toutes toujours immanquablement mauvaises.

D’abord, ce fut l’annonce du décès d’un oncle éloigné (en kilomètres plus qu’en parenté).
Puis un samedi politique à moitié décevant, quoique prévisible, qui nous a prouvé une fois de plus (comme s’il en était besoin) que les gens du coin sont majoritairement apathiques et moutonniers.

En préparant notre obligatoire excursion lointaine, nous apprenons que les café-couettes (B&B) et auberges où nous pensions dormir ont disparu, ou sont fermés, ou pleins. Nous parvenons in extremis à joindre un petit hôtel-restaurant qui remplace un autre où nous étions passés jadis pour un repas rapide.

Enfin, de longues heures de route sans intérêt sous un ciel d’étain. D’une traite, hormis une brève pause pour excréter du liquide.

Arrivés fourbus et pas trop émoustillés par les circonstances du déplacement – des funérailles le 14 février, fête des amoureux, c’est un contraste – nous arrivons part chance à nous garer en face de la petite auberge.

Là, nous sommes accueillis par une cabine téléphonique du plus beau rouge britannique et par un jeune Montréalais enthousiaste qui a suivi son maître-queux français jusqu’en cette lointaine contrée.

Il y a un bar. Il y a un lien wi-fi que l’on accepte gentiment de nous partager. C’est assez pour nous rasséréner, chercher les nouveaux numéros des cousins déménagés, caler deux broues et deux kirs, écarter les orteils et choisir le menu, parce que l’Auberge ne fait pas qu’héberger et si elle veut dormir, il veut aussi dîner depuis qu’il a appris que le chef était de Perpignan.
Nous ne le regrettâmes point.

Entrées sublimes, vin très décent, plats irréprochables – et j’ai pourtant quelque propension à dénicher le détail qui détonne.

On avait allumé le feu dans la cheminée, à notre intention, et on nous avait installés juste devant.

Repus, nous avons glissé – c’est le mot – jusqu’au salon funéraire où mon épouse a pu présenter ses condoléances à sa tante, échanger quelques mots avec des cousins. Ce rituel mortuaire et morbide ne laisse pas de m’étonner. Le défunt est allongé là, tout cireux, les gens se pressent tout autour en échangeant les derniers potins. Il ne manque que les cocktails et les petits fours. C’est ainsi qu’on fait en ces contrées d’Amérique, et personne n’y voit rien d’irrespectueux.

Nous ne nous attardâmes pas plus que nécessaire, et quelques glissades trottoiresques et deux ponts froidement venteux plus tard nous réintégrions l’auberge, qui se trouve dans la Maison Rousseau, historique, et qui s’appelait La belle époque lors de notre premier passage il y a quelques années. J'ai appris que c'était la maison d'un ancêtre de la famille que nous visitions.

Nous avions choisi la chambre en soupente, avec vue directe sur une charpente qui vaut à elle seule le détour, et nous y dormîmes excellemment, entre autres.

Triste occasion, mais bonne surprise que cette auberge où l’on vous traite comme coq en pâte, où l’on vous remplit les yeux, le nez et l’estomac de belles et bonnes choses et où l’on peut reposer tranquille au centre de tout.

Des bonnes tables, j’en a connu plusieurs au Québec. Me reviennent en mémoire Chez la Mère Michel à Montréal., Le mange grenouille au Bic et Le moulin de Wakefield en Outaouais.
Vago, à Montréal, est excellent aussi. L’auberge des Glacis est fort agréable.

S’y ajoute désormais Chez Octave, qui est tenu par une fille du lieu et son mari cuisinier de Perpignan, un marmiton montréalais et un hôte qui offre au voyageur hivernal une chaleur qui ne doit pas tout au foyer.

http://www.chezoctave.com

3 commentaires:

Marcèle a dit…

Excellent endroit , j'y retournerais volontiers.

Thibaud a dit…

Martin me fait remarquer que j'ai omis Le mouton noir, à Baie Saint-Paul, excellente table et cadre agréable, qui mérite d'être au premier rang.

Thibaud a dit…

Et Thomas, pour corriger mes oublis, a fait ceci :


http://www.mappemonde.net/carte/Les-meilleurs-restaurants-du-Quebec/quebec.html